21 novembre 2006
Guillaume Apollinaire
Les 11 000 verges
- Où sont les Japonaises? demanda-t-il.
- C’est cinquante roubles de plus, déclara la sous-maîtresse en retroussant ses fortes moustaches, vous comprenez, c’est l’ennemi!
Mony paya et on fit entrer une vingtaine de mousmés dans leur costume national.
Le prince en choisit une qui était charmante et la sous-maîtresse fit entrer les deux couples dans un retiro aménagé dans un but foutatif.
La négresse qui s’appelait Cornélie et la mousmé qui répondait au nom délicat de Kilyému, c’est-à-dire : bouton de fleur du néflier du Japon, se déshabillèrent en chantant l’une en sabir tripolitain, l’autre en bitchlamar.
Mony et Cornabœux se déshabillèrent.
Le prince laissa, dans un coin, son valet de chambre et la négresse, et ne s’occupa plus que de Kilyému dont la beauté enfantine et grave à la fois l’enchantait.
Il l’embrassa tendrement et, de temps à autre, pendant cette belle nuit d’amour, on entendait le bruit du bombardement. Des obus éclataient avec douceur. On eût dit qu’un prince oriental offrait un feu d’artifice en l’honneur de quelque princesse géorgienne et vierge.
Kilyému était petite mais très bien faite, son corps était jaune comme une pêche, ses seins petits et pointus étaient durs comme des balles de tennis. Les poils de son con étaient réunis en une petite touffe rêche et noire, on eût dit d’un pinceau mouillé.
Elle se mit sur le dos et ramenant ses cuisses sur son ventre, les genoux pliés, elle ouvrit ses jambes comme un livre.
Cette posture impossible à une Européenne étonna Mony.
Il en goûta bientôt les charmes. Son vit s’enfonça tout entier jusqu’aux couilles dans un con élastique qui, large d’abord, se resserra bientôt d’une façon étonnante.
Et cette petite fille qui semblait à peine nubile avait le casse-noisette. Mony s’en aperçut bien lorsque après les derniers soubresauts de volupté, il déchargea dans un vagin qui s’était follement resserré et qui tétait le vit jusqu’à la dernière goutte...
18 septembre 2006
Anaïs Nin
Il y avait environ quatre-vingts personnes rassemblées dans l’atelier de ce célèbre peintre. La lumière était tamisée, de façon à mieux préserver l’identité des invités. Quand tout le monde fut là, on expédia les convives dans des voitures qui les attendaient. Les chauffeurs savaient où il fallait aller. Au plus profond du bois, il y avait une grande clairière couverte de mousse. Ils s’assirent là, après avoir renvoyé les chauffeurs, et commencèrent à boire du Champagne. Les caresses s’étaient déjà échangées dans les voitures. Les masques donnaient aux gens une liberté qui permettait aux plus raffinés de se transformer en bêtes sauvages. Des mains se glissaient sous les somptueuses robes de soirée, s’attardant aux endroits choisis, les genoux s’entremêlaient, les respirations s’accéléraient. Linda était accaparée par deux hommes. L’un des deux essayait de l’exciter en l’embrassant sur la bouche et sur les seins tandis que l’autre, avec plus de succès, caressait ses jambes sous sa robe longue jusqu’à ce qu’elle frémisse de plaisir. Alors, il voulut la transporter dans un endroit plus sombre. L’autre homme protesta mais il était trop ivre pour se battre. Son rival transporta Linda dans l’ombre des arbres et la coucha sur la mousse. Tout près, on entendait des cris de résistance, des grognements ; une femme criait : « Vas-y, vas-y, je ne peux plus attendre, fais-le, fais-le-moi. » L’orgie était à son comble. Les femmes se caressaient entre elles. Deux hommes s’amusaient à exciter une femme jusqu’à la folie et à la laisser ensuite pour jouir du spectacle qu’elle offrait, la robe à moitié défaite, un sein à l’air, essayant de se satisfaire seule en se pressant de façon obscène contre les hommes, se frottant à eux, les suppliant, soulevant sa jupe.
Venus Erotica
05 septembre 2006
Pierre Louÿs
Ne pas dire...
Ne dites pas : "Je vais me branler."
Dites : "Je vais revenir."
Ne dites pas : "J’aime mieux la langue que la queue."
Dites : "Je n’aime que les plaisirs délicats."
Ne dites pas : "J’ai douze godemichés dans mon tiroir."
Dites : "Je ne m’ennuie jamais toute seule."
Ne dites pas : "Elle jouit comme une jument qui pisse."
Dites : "C’est une exaltée."
Ne dites pas : "Sa pine est trop grosse pour ma petite bouche."
Dites : "Je me sens bien petite fille quand je cause avec lui."
Évitez les comparaisons risquées. Ne dites pas : "Dur comme une pine, rond comme une couille, mouillé comme ma fente, salé comme du foutre, pas plus gros que mon petit bouton", et autres expressions qui ne sont pas admises par le dictionnaire de l’Académie.
Glossaire : Nous avons jugé inutile d’expliquer les mots : con, fente, moniche, motte, pine, queue, bitte, couille, foutre (verbe), foutre (subst.), bander, branler, sucer, lécher, pomper, baiser, piner, enfiler, enconner, enculer, décharger, godmiché, gougnotte, gousse, soixante-neuf, minette, mimi, putain, bordel.
Pierre Louÿs - "Manuel de civilité pour les petites filles à l’usage des maisons d’éducation"
02 septembre 2006
SEXUS Henri Miller
Je la pris par la taille, faisant mine de passer à l’action.
Elle marqua un temps, puis elle ajouta :
Cela liquidait la question pour moi. Je voyais déjà refleurir une guirlande de petites plaies. Je sentis souffler un vent de panique.
Je l’accompagnai à la salle de bains, la poussant presque tant j’avais hâte de me débarrasser d’elle.
Lorsqu’elle fit glisser sa culotte, je repérai une tache sombre et sanglante... Jamais de la vie, me dis-je à part moi. Pour rien au monde, tant que j’aurai ma tête à moi, oh non ! Lécher le cul du Pape... jamais !
Mais lorsque je la vis dans le bain en train de se savonner, je me sentis faiblir. Je pris la savonnette et me mis à lui récurer proprement le crin. Et elle se mit à trémousser de plaisir, à mesure que mes doigts pleins de savon s’embrouillaient dans ses poils.
J’introduisis dans ce con le majeur de ma dextre, encore tout savonneux, et procédai à un léger massage. Elle ne bougeait pas, allongée, les mains nouées sur la nuque, se contentant d’imprimer un lent mouvement giratoire à son pubis.
A mesure que je la travaillais, elle se mit à remuer plus violemment. Soudain, ses mains se dénouèrent, ses doigts humides déboutonnèrent ma braguette, en tirèrent ma pine sur laquelle elle fondit, toutes lèvres dehors. Elle y alla en professionnelle, taquinant le goujon, le tourmentant du bout des lèvres puis à pleine bouche. Je lui giclai dans le goulot : elle avala le tout comme nectar ou ambroisie.
Puis elle s’abandonna dans la baignoire, poussa un grand soupir et ferma les yeux.
Henri Miller
14 août 2006
Elle était...
Elle m'avait fort excité
et mon doigt indiscret
sur sa chatte s'était posé
tout doucement
tout près tout près
Alexandre Rimbeau
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